
Me voilà en retraite de retour à Arzon, heureux de retrouver la Bretagne. Nous avons réintégré notre maison du Grah-Niol, un peu désemparés de quitter les îles du soleil et cette vie insouciante où les sourires embellissent le visage tanné des iliens.
Quelle joie, quelle émotion de retrouver nos enfants et nos six petits-enfants, tous installés dans la Presqu’ile. Surprendre les amis avec enthousiasme, redécouvrir avec des yeux neufs la maison Grah Niol, le village et le port du Crouesty.
Rien n’a bougé et pourtant tout est différent car neuf années ont passées, les enfants sont bien installés, heureux et en bonne santé, les petits enfants métamorphosés. Maïna l’ainée nous surprend par l’ampleur des études qu’elle entreprend, quant à Malick il navigue déjà comme mécanicien sur les supply dans le Golfe de Guinée, Louann, Malou et Eline ne sont en reste non plus, la maison redevient la fourmilière qu’elle était.
La maison est toujours aussi belle et bien entretenue, Yerri et Samuel qui l’ont occupée pendant notre absence l’ont bichonnée. Le jardin a pris ses aises n’étant pas la priorité des enfants, les bambous sont passé chez le voisin et défoncent sa belle allée goudronnée, le tilleul chatouille le ciel, les haies ont pris de l’embonpoint, seul l’arbre de Judée s’épanouit ravi au milieu d’une pelouse rarement tondue.
Au port, je retrouve avec plaisir les anciens collègues, les retrouvailles sont cordiales, auréolées par mon expédition seychelloise, les convoyages, les pirates somaliens, mon passage à la télé les questions fusent, que d’aventures à raconter et comment leur dire l’importance de réaliser ses rêves.
Des rêves j’en ai encore, les côtes bretonnes sont de vieux souvenirs à réveiller, les iles du ponant des histoires d’amour, il me faut un bateau !
Grâce à Gilles Pommeret l’ancien conseiller commercial de l’ambassade de France aux Seychelles, je fais l’acquisition d’un Attalia 32 en superbe état pour une somme modique, en co-propriété avec Rémi et Claude. Par respect pour Anne Sylvie et Sylvain les anciens propriétaires, je n’ai pas débaptisé Walsung et ils sont tenus régulièrement au courant des aventures de leur cher Walsung.

Ma nièce Loren qui a repris les rênes de Crouesty Location me confie les convoyages des bateaux qu’elle achète en Italie ou sur la côte d’Azur. Autant d’occasions pour effectuer de beaux parcours avec Stéphane Desquilbet, mon fidèle matelot.
En décembre 2016, Francois me propose de faire traverser l’atlantique à Jean Lartigues, atteint de la maladie de Charcot, condamné à son fauteuil médicalisé ! Drôle d’expédition mais comme je n’ai jamais dit non à mon frère, me voilà embarqué dans l’aventure. Après le convoyage du Lagoon 52 de Bordeaux à la Trinité et son ’aménagement du carré en chambre pour Jean, puis le recrutement d’une équipe médicale, nous appareillerons le 8 octobre 2016. nous débarquerons le 26 Novembre en Martinique au Marin après plusieurs escales à la Corogne en Espagne, à Cascais au Portugal, à Lanzarote aux Canaries, à Mindelo au Cap Vert et 4000 milles à travers l’Atlantique.
Rémi Freigneau et l’Or du Temps

Rémi est un vieux marin solitaire, gentleman de la mer, pianiste hors pair, amoureux de son bateau.
La rencontre avec Rémi est pour moi l’occasion de faire de belles navigations sur L’Or du Temps, un très bel Océanis 53.
Nos croisières nous mènent le long des côtes bretonnes de Belle Iles à Ouessant. L’été 2017 nous metton le cap sur Albufera au sud du Portugal, souvenir impérissable de cette descente le long des côtes d’Espagne et du Portugal avec comme équipiers Sullian et Rémi clarinette. L’année suivante aux Açores nous visitons Terceira, Sao Jorge, Pico, Faial, Santa Cruz da Graciosa. L’Or du Temps, le bateau et son capitaine m’ont plu, les deux sont inséparable et sont à l’image de Moitessier et son Josua, de Slocum et Le Spray, Tabarly et Pen Duick
Asta luego Cap ’tain
L’installation de Régis Guillemot au Sémaphore à St Gildas va m’ouvrir de nouveaux horizons. C’est un super marin avec deux participations à la course du Rhum, c’est le cousin de Marc Guillemot pour les connaisseurs. Je découvre avec lui le milieu de la base sous-marine de Lorient ou hivernent les passionnés de courses aux larges, les skippers et les grosses écuries.
Régis prépare à Lorient Hallucine, son nouveau ORC 50, un catamaran de 15 mètres en carbone, une bête de course qu’il doit baser en Martinique. Nous nous y rendons en moto, nous passons nos journées dans la base sous-marine au chantier Marsaudon, j’aurais le plaisir de faire la traversée de l’Atlantique sur ce formidable voilier.
Puis en 2023 nous allons chercher son nouveau ORC 50, Ty ANA à Aruba une ile Hollandaise en face du Vénézuéla, Laura qui finissait un voyage en Colombie nous rejoint et c’est avec Régis, Sylvie et Laura que nous ferons une de mes plus belles croisières dans les Caraïbes. J’ai redécouvert ma princesse, elle a redécouvert son père !