La Grèce

Période idyllique que ces croisières en Grèce, pays d’iles
ensoleillée, de vieux sites archéologiques et de petites tavernes
ou les escales se terminent très souvent avec un verre d’ouzo
de trop et des crises de rires qui résonnent encore sur les quais
d’Ithaque ou d’Amorgos.
Nous avons découvert la méditerranée et ce pays grâce à
mon père, navigateur passionné, séduit par la culture grecque,
il convoie son bateau l’Arédien en 1977 en méditerranée. Un
joli Ketch de 13 mètres construit en Hollande, un chef-d’œuvre
verni de teck et d’acajou plus à l’aise dans les eaux froid qu’au
soleil méditerranéen.

la première année le bateau navigue autour de la Corse, de la Sardaigne et des iles Eoliennes,
hiverne en Italie puis migre rapidement en Grèce ou il sera
basé à Athene. Rogers, un anglais installé au Pirée nous
procure une place à Marina Zéa.
C’est le début d’années enchantées ou la Grèce est le
principal sujet de vacances, l’hiver nous établissons les
programmes de croisières, choisissons nos invités, prévoyons
les escales. L’aéroport international Eleftherios-Venizé est
souvent le point de rassemblement des équipages, Certains
amis passerons leur nuit sur les banquettes de molesquine en
attendant leur correspondance, d’autres moins pressé
choisissent le Ferri pour rejoindre l’escale du jour. C’est une
immersion totale dans la vie et les mœurs des autochtones
d’autant plus que le trafic maritime entre les îles est important et
nous permet d’observer toute une société hétéroclite. Que ce
soit de nuit ou de jour, c’est sûr nous sommes est en Grèce.
Les retrouvailles avec le bateau sont toujours émouvantes,
soit au sec, soit à l’eau c’est un ami qu’on retrouve et avec lui
tous nos rêves dont il est le dépositaire.

L’ouverture du carré nous projette dans un autre monde,
l’odeur chaude et salé, la couleur du bois, l’agencement du
carré, les voiles stockées à côté du bib, les couvertures et la
literie entreposé sous vide la gazinière un peu moisie, tout ce
petit monde semble nous attendre alors vite nettoyons,
rangeons, armons, avitaillons et « Route pêche ».


C’est un univers bleu qui nous accueille, le bleu du ciel, le
bleu de la mer et des coupoles, le bleu des portes et des
fenêtres qui tranche dans le blanc éclatant des villages
perchés, le bleu des caïques au repos dans les criques
accueillantes et encore le bleu sublime de l’océan quand tu
plonges les yeux grands ouvert derrière ton masque.
Kaliméra, Kalispéra, le langage ici se chante c’est la
chanson des îles, celle qui vous envoute, comme Ulysse et
vous invite à vous assoir à la table de cette auberge, Deux, trois
olives un verre d’ouzo et l’esprit s’envole sur quelques notes de
rébético.
Trois bateaux furent successivement les héros de nos
croisières méditerranéennes, l’Arédien le conquérant (1976 /
1980), Boa Vista l’explorateur (19), Daloa l’ensorceleur (2014 :
2018itou).


De la Mer Ionienne au Cyclades, de Rhode à Lesbos de la
Turquie à la Croatie nos escales sont toutes des aventures
marquantes, le vent, le soleil et la mer sont une potion magique
pour mettre du baume aux cœurs des équipages, les arrivées
au port, l’accueil, les tavernes, les visites et les rencontres sont
les souvenirs inaltérables de ces vacances heureuses.
Mais que de difficultés pour choisir nos destinations, entre
la mer Ionienne, les Cyclades, le Dodécanèse ou la mer Egée ?

Alors nous nous soumettions à l’humeur d’Eole et ses conjurés :
le coléreux Meltem, le doux Zéfir, le froid Borée, le chaud Notos

et Euros qui nous annonce l’automne et la fin de nos
pérégrinations, il faut rentrer !
Le désarmement du bateau se fait en silence, perdu dans
nos pensées, conscients que ces croisières sont uniques,
merveilleuses, ce sont celles des découvertes de la liberté de
l’amitié du partage. C’est avec un soin particulier que nous
hivernons l’Arédien, Boa Vista, ou Daloa, mes souvenirs se
perdent à l’évocation de ces belles années Grecques !