Mariage et installation à Guérande

Laurence est une amie de ma petite sœur Catherine, le caractère bien trempé, jolie comme un cœur, un peu timide, comment ne pas tomber amoureux de cette belle jeune fille au long cheveux châtains, aux yeux marrons. Un teint naturellement coloré donne un charme rebelle à son beau visage, sa gentillesse et son grand sourire ajoutait à sa distinction.

Nous nous marions le 7 septembre 1974 dans l’église du Croisic, les cornemuses et binious accompagnent notre sortie sous un soleil éclatant. La grande villa des Roches est en fête, mon chalutier Le Croisicais II arbore son grand pavois, belle tradition maritime célébrant un évènement heureux à bord des bateaux.

C’est le premier mariage dans la famille Fouché, la réception est grandiose, les réjouissances sont à l’égal de notre bonheur mais nous n’en gardons pas grand souvenir, étant déjà ailleurs.

Nous partons en voyage de noce

Guérande, une nouvelle maison, un premier enfant

Après notre légendaire voyage de noces nous nous installons au Croisic dans une location 12 rue de kervenel, mais, après avoir fracturé la porte du garage qui ne faisait pas partie de notre contrat pour en faire un atelier de mécanique, nous sommes expulsés au bout d’un an avec perte et fracas par le propriétaire Mr Ternant.

La grande villa des Roches nous accueille en plein hiver, la maison n’est pas chauffée Laurence est enceinte et moi en Loire toutes les nuits. La saison de civelles bat son plein, ce naissain d’anguille ne se capture que de nuit à marée montante, en fonction des coefficients de marée, la zone de pêche se déplace.

En février Laurence laisse son travail et s’installe à Nantes chez ses parents.  Sa grossesse arrive à terme et nous pêchons entre Nantes et St Sébastien sur Loire. Le timing est parfait car avec appréhension et beaucoup de bonheur je suis présent à la naissance de Sullian le 6 mars 1976 à la clinique Brétéché. 15 jours de retard, 4kg500, tellement congestionné qu’il est bleu, je suis impressionné et me demande si tout va bien.  Heureusement une grande claque dans le dos du bébé permet à Sullian de reprendre de belles couleurs.

PHOTO NAISSANCE DE SULLIAN

Une quinzaine de jours après la naissance nous rapatrions le Croisic, le printemps arrive, Les Roches deviennent plus agréables, nous profitons de cette belle période pour rechercher une maison et c’est à Guérande que nous trouvons une vieille bâtisse habitable mais sans eau courante, les toilettes au fond du jardin et une cheminée en guise de chauffage.

La transaction fut simple, le vendeur un vieux paysan avait négocié un dessous de table de 30000 frs. Le jour de la signature nous étions réunis autour d’une grande table de ferme, le notaire me demande si j’avais la somme en question, j’acquiesce et tend sous la table l’enveloppe contenant l’argent en liquide. Ce jour-là je suis passé pour un grand naïf : avec un sourire un peu condescendant le notaire me fait comprendre que nous sommes entre nous, qu’il n’y a pas lieu de se dissimuler ! 

Jusqu’à notre départ en Côte d’Ivoire nous avons vécu une période fantastique, vivant à l’arrache avec les moyens du bord et entourés d’une belle bande d’amis baba cool, nous étions heureux. Petit à petit nous avons rénové la maison, abattu des cloisons, pavé la grande pièce avec des dalles de terre cuite de 1880 récupérées dans la maison du Grand père Berteloot, bd de l’Amiral Courbet à Nantes.

Jean pierre et Cécile Devorsine et leur premier garçon Raphael étaient installés à Quéniquen, Jean Pierre pêchait à la Turballe, il y avait les frères Bureau qui produisaient des sabots, Denis, le frère de Laurence était à l’époque paludier installé à Batz avec Annick, le Grand Denis et la petite Hélène, Louis Quinze, Gérald et bien d’autres de passage.