Mai 2009
Les années passent vite mais le temps ici reste intemporel.
Samedi fut notre dernière grosse journée de départ avec le comité d’entreprise Veolia (4O personnes inclus skippers) la semaine prochaine il nous reste trois départs dont deux catas pour la Régata Seychelles’ cup et la base sera à nouveau vide.
Etonnement ravi de mes amis Seychellois, regards envieux des autres Sté et grand bonheur pour toute l’équipe de Marine Cat Sey
Pour fêter la fin de la première 1/2 saison 2009, nous avons organisé dimanche un grand barbecue à l’île de Cerf, toute la famille Marine cat Sey était là ainsi que les conjoints, enfants, maitresses etc., même Brendan le dernier de la famille (5 semaines) était présent dans son couffin.
La journée a débuté par une matinée de voile entre les îles du parc marin de St Anne, vers midi nous débarquons sur une plage déserte et paradisiaque. Comme d’habitude tout le monde avait préparé un plat, ce fut un véritable festin, la fête fut bien arrosée
Ne croyez pas que tout soit idyllique dans « not zoli petit pays » voici un exemple de galère. La nuit de vendredi à samedi fut plutôt mouvementée, l’avion en provenance de France est tombé en panne entre Paris et Rome, après le largage du kérosène au-dessus de la méditerranée, il à fait un atterrissage d’urgence à Rome, les passagers ont bénéficié d’une nuit au Hilton pendant la réparation, leur avion n’a redécollé qu’à 14 h30, arrivée à Mahé à 0h30
J’avais monopolisé 4 taxis qui ont fait chacun deux rotations et pendant que je réceptionnais les clients à l’aéroport international de Mahé, les skippers accueillaient les rescapés sur la base « internationale » de Marine Cat Sey sise sur Eden Island.
Il a fallu rassurer, réconforter, déstresser enfin vous connaissez ! L’organisateur de cet événement flippait grave « tu te rends compte Philippe, ils ont perdu une journée sur le programme ».
Bref, total couché à 3h et le lendemain matin briefing à 8h. La nuit suivante rebelote car l’avion, un Boeing 747 du nom de « Vallée de Mai » ayant pris 20 heures de retard, toutes les arrivées et tous les départs ont été décalées au grand dam des touristes qui perdent une journée de vacances au plus beau pays du monde.
La beauté des Seychelloises, leur sourire et leur gentillesse attirent de plus en plus les navigateurs Somaliens, ce n’est pas pour nous déplaire mais leurs manières un peu agressives, leurs mœurs guerriers dissuadent les nations européennes de venir se détendre chez nous, c’est très dommageable pour notre activité et nous sommes tous inquiets par cette situation difficile à maitriser.
Les Seychellois étant un peuple pacifiste, leur marine ressemble beaucoup plus à la flotte du général Korsakoff dans Fripounet et Marizette que la puissante marine du roi Sarko, quoique son porte avion « Charles de Gaulle » a quelque peine à dépasser les 3 nœuds et faire décoller des Rafales.
C’est quand même drôle, on a beau être nain, fier et vindicatif, on n’est pas mieux armé que le lointain Seychellois grand, beau et pacifiste.
Donc après cette petite réflexion qui n’engage que moi, je reviens à nos navigateurs Somaliens, les derniers qui nous ont fait l’honneur de leur visite furent repérés à trois milles au nord de Grande sœur, c’est à dire à 30 milles de Mahé. Je vous laisse imaginer la panique aux affaires maritime et chez les plaisanciers.
Ces pauvres marins furent récupérés par une vedette civile ayant à bord pour l’occasion 6 militaires Seychellois armés, en tongue, maillot de l’équipe de France de football, clope au bec.
L » état de fatigue de ces visiteurs, la faim et la soif qui les tenaillaient laissent à penser qu’ils se sont perdus loin de leur bateau mère. Ils ne se sont même pas défendus bien qu’étant 9 jeunes hommes armés dans la force de l’âge.
En fait, leur bateau mère avait été capturé par l’armée Française appuyée par une frégate Indienne à 120 milles dans le nord de l’ile de Denis, n’ayant plus de base logistique ils se sont laissé prendre, heureux d’en finir avec leur cauchemar.
Où sont les pirates de ma jeunesse et nos courses folles en Mer Rouge ou dans le Golfe d’Aden. Nous vivons une bien triste époque !! La Semaine prochaine nous allons commencer » l’hivernage » de la flotte notre activité va très nettement baisser pendant deux mois pour reprendre un peu fin juillet et redémarrer en Aout. (Je l’espère)
Laurence va rentrer en juillet et si c’est nécessaire je l’accompagnerai une quinzaine de jours.
Philippe
Juin 2009
Chers amis
Nous voici rendus au milieu de l’année 2009
Juin en Europe vous réserve toutes ses splendeurs ensoleillées, ses longs weekends, de belles et très longues journées.
Aux Seychelles ce n’est pas la période la plus remuante. Le vent d’Est est rentré avec ses 15 à 20 Nds, la mer s’agite nerveuse, courte et cassante. Nos soirées sont plus fraîches et les journées off (Jours fériés) s’accumulent
Cette année nous a apporté son lot de surprises économiques et d’insécurité, ces aléas ont refroidi le petit monde du voyage donc peu de tourisme, en ce mois de juin notre activité est réduite au minimum. Nous vivons un peu au ralenti, profitant d’être moins bousculés pour jouir des trésors que l’archipel nous offre.
Les bons moments non plus n’ont pas manqués, nous avons eu la chance de recevoir les trois premiers vainqueurs du Vendée Globe Chalenge : Michel Desjoyaux, Samantha Davis et Armel Le Cléach, ainsi que Dee Caffari lors de la Regatta Seychelles’cup.
Côtoyer ces maitres de la course au large fut un réel plaisir, hors de toute pression, détendus et heureux d’être aux « Zoliziles » nous avons navigué ensemble pendant une semaine et partagé de nombreuses soirées bien arrosées à parler……. Devinez de quoi ?
Dimanche dernier prétextant une intervention sur Praslin, nous embarquons Andrew, Samira, Isabelle et moi sur « Sacha » pour la journée.
Petit vent de Sud Est 15nds, Grand voile et genakeur portées haut, grand soleil, bonheur dans les cœurs, l’intervention fut rapidement effectuée et tout à notre ivresse de fugueurs nous décidons d’aller passer la fin d’après-midi à La Digue.
Sur les quais de Praslin nous embarquons Christelle et Jean Luc et notre joyeux équipage met le cap sur le port de La Passe.
Le petit port de la Digue est désert, nous sommes le seul voilier, l’île somnole dans une grande sieste dominicale. Quelques enfants sautent du haut du quai en se lançant des défis audacieux.
Nous dénichons quatre vélos et mes matelots s’éparpillent dans l’île à la recherche de nourriture pour le diner. Bien sur les familles de mes compagnons serons misent à contribution, l’accueil et la générosité des autochtones ne seront pas démentis.
Bien décidés à ne pas rentrer à Mahé nous passons la nuit à la Digue, la soirée fut douce, sereine, bercée par les histoires aventureuses des premiers colons d’origine Française.
Au petit matin l’équipage me prépare un petit déjeuner digne du capitaine que je suis et nous levons l’ancre, cap sur anse Lazio au nord de Praslin.
Sacha surfe sur les vagues, l’îlot Ave Maria Rock n’est plus qu’un lointain souvenir quand nous croisons entre L’île Curieuse et la côte Nord de Praslin.
Mes belles équipières se font bronzer, lascives, sur le trampoline, les garçons essaient en vain de pêcher notre repas de midi et moi je me noie dans un bonheur profond.
Nous partageons l’anse Lazio avec un tourdumondiste.
Franchement cet endroit sauvage, immaculé est le plus beau du monde, la plage de sable blanc lumineux frangée de cocotiers et de Takamakas, est un reflet du paradis, dans les vagues turquoises qui la caressent miroitent des centaines de poissons multicolores.
La faim mettra un terme à cette contemplation quasi mystique.
Christel, Isabelle et Samira réussiront à attraper une dizaine de poissons avec l’écumoire et notre repas sera « divin ».
Il a bien fallu rentrer, mais quels souvenirs heureux partagés dans la simplicité, la joie et la beauté sauvage.
Voilà quelques petits instants de vie Seychelloise que je voulais vous offrir, ainsi que ce blog absolument génial, http://laurasia.jimdo.com
Cap’tain Philou
Juillet 2009
Mes trois semaines de vacances sont terminées, c’est avec un plaisir non dissimulé que je suis rentré chez moi.
Mes « Zolizil » s’impatientaient, ce sont des rires et des larmes qui m’a²ccueillirent.
Quelle surprise à chaque retour de retrouver la joie de vivre qui caractérise la population Seychelloise, la vie prend d’un coup une autre dimension pour reconquérir les vraies valeurs que notre occident avide a perdu à jamais.
La base est en parfait état, mon second, Baptiste a fait un travail remarquable et pris une belle assurance dans le management de l’équipe.
Par contre la gestion n’est pas son fort, nous ne pouvons pas être compétent en tout.
J’ai passé la semaine à remettre de l’ordre dans la comptabilité et l’administration, ma banque seychelloise a eu la gentillesse d’attendre un mois que les voleurs de la LLoyd’ veuillent bien approvisionner notre compte prétextant la « non visibilité » du compte à la Mauritius Commercial Banks de Mahé, je ne pense pas que les banques françaises auraient eu la même attitude !
L’activité est désastreuse, le secteur du nautisme est bien mal en point, mes collègues sont réduits à supprimer leur personnel et vendent ou déplacent leur flotte ailleurs.
J’espère que nous pourrons tenir le coup car je serais profondément meurtri de voir ma société disparaître à cause des tradeurs sans scrupules de Wall Street.
Ma santé va bien, je suis en pleine forme, il faut reconnaître que le système de soins français est efficace, les chirurgiens et autres médecins qui m’ont suivi furent particulièrement compétents.
Une très mauvaise surprise m’attendait en ouvrant la porte de la maison, je fus agressé par une odeur pestilentielle de cadavre en décomposition en provenance du congélateur.
Et oui ! J’avais dans un souci de prudence coupé l’électricité. Le cœur au bord des lèvres j’ai pendant trois jours nettoyé, astiqué, désinfecté, aujourd’hui l’atmosphère est respirable, il a fallu une semaine pour faire disparaître cette infection.
Autre mauvaise nouvelle, la disparition d’un de mes meilleurs cuisinier, Benjamin, décédé d’une crise cardiaque à 26 ans, ce fut un choc pour toute la commutée et principalement pour Marine Cat Sey qui emploie également ses sœurs Isabelle et Rita, issue d’une famille très religieuse de onze enfants, ce garçon était la joie de vivre par excellence, compétent et très apprécié des clients, il nous manquera.
Voilà, je suis renté avec le sentiment d’avoir progressé psychologiquement, j’accepte sans frayeur, avec infiniment de plaisir mon rôle de grand père, (que c’est bon de vieillir !!!) d’accord vous allez éclater de rire en pensant que je suis bien loin de mes petits-enfants, des fastidieux changements de couches et autres réveils de nuit.
Mais il y a un début à tout et rien que cette prise de conscience devrait vous réjouir, soyons positif.
J’apprécie ma vie de célibataire, vivre sans horaire donne un étonnant sentiment de liberté, hélas cette douce illusion masque une solitude profonde que seul le retour de l’être aimé pourra combler, Laurence rentre le 7 août.
Je remercie Rémi et Claude pour la chaleureuse réception qu’ils nous ont réservée lors de notre arrivée à Paris et Justin pour le petit déjeuner pris en notre compagnie.
J’embrasse également tous ceux qui ont eu la gentillesse de nous recevoir
Je vous souhaite à tous beaucoup bonnes choses
Cap’tain Philou
Août 2009
Aux Seychelles, la beauté du pays se décline en termes élogieux, le climat nous prédispose à la nonchalance, la bonne humeur y est quotidienne, les mœurs plutôt légères sont sources de plaisirs, de rires et d’histoires rocambolesques, au début, notre paranoïa occidentale émet quelques réserves mais rapidement la gentillesse de la population fait craquer le vernis.
Une règle prime avant toute chose « Ne faut pas casser la tête, na pas problème »
Hélas, cette sentence seychelloise n’est pas dans le fondement de ma culture européenne, tout n’est pas rose au paradis. Cette année nous abreuve de mille fléaux, ce ne sont plus les épidémies de Choléra ou de fièvre jaune, quoi que ? Mais tout un monde qui bascule dans la médiocrité.
Depuis quatre jours nous sommes « en code rouge », deux bateaux nous posent de gros problèmes, nous sommes confrontés à des difficultés mécaniques et électriques graves, résultat d’un rare amateurisme de la part des constructeurs, d’une recherche d’économie de bout de chandelle dans la mise en œuvre des bateaux et dans le choix du matériel d’équipement, c’est vraiment pénible.
Une question se pose : comment certain chantiers obtiennent –t-ils leurs homologations.
Ces complications à répétition sont épuisantes, elles entraînent une perte de temps considérable sans compter des dépenses assez conséquentes.
Je ne m’attarderai pas sur nos malheurs, ce WE nous avions tous prévu d’aller faire la fête à la Digue pour le 15 Août. Fête parmi les fêtes, grande kermesse créole rassemblant tout l’archipel Seychellois dans une débauche de rites traditionnels voués à la vierge (quel paradoxe) et de réjouissances populaires partagées dans la joie, la musique et le rhum !!
Cette année nous n’irons pas là-bas, par contre notre WE sera consacré à la réfection des bateaux et bien sur à vouer aux gémonies le constructeur.
Côté positif, j’ai retrouvé Laurence en pleine forme, comblée par son séjour en Bretagne et l’affection de ses 6 petits enfants.
Nous avons régulièrement d’excellentes nouvelles de Laura, notre aventurière au sourire Colgate, après 11 semaines à bourlinguer dans le nord et le sud-ouest de la Chine, la voici au Vietnam.
Nous allons avoir très bientôt la visite de Loren (la seconde fille de François) et Sylvain, leur chambre est déjà prête, l’arrivée d’un mécanicien tombe super bien car je n’arrive pas à remettre en route le scooter, je suis sûr que Sylvain règlera le problème rapidement.
La mousson de Sud Est touche à sa fin, 15 à 25 noeuds de vent ont labouré notre océan pendant trois mois, repeint le ciel de grandes fresques de nuages gris clair et quelques cumulus bien noirs nous ont arrosé de grosses pluies tropicales vraiment bien venues.
Les Seychelles manquaient d’eau, les coupures y étaient de plus en plus fréquentes.
Il ne nous reste plus qu’à espérer une reprise rapide des affaires, cependant des bruits courent qu’à l’ouest, dans les petits ports Somaliens, les pirates se préparent à revenir chez nous.
C’est de notoriété publique, notre tourisme est exclusif et argenté, les somaliens l’ont bien compris et leurs expéditions précédentes ont démontré l’incapacité du gouvernement à armer une flotte d’intervention efficace, notre archipel est sans défense.
Si par malheur un bateau de locataires se fait pirater, nous pourrons dire adieu à notre belle aventure Seychelloise.
Cap’tain Philou
Septembre 2009
Pas de nouvelles, bonnes nouvelles !!
Mais je n’aime pas vraiment ce dicton, la distance, l’éloignement n’effacent pas le beau visage épanoui et serein de mon aventurière Laura, comme un réflexe incontrôlable, mon premier geste de la journée est de courir sur le net regarder le blog de ma fille préférée. Ouf ! Ce matin ma patience fut récompensée : http://laurasia.jimdo.com
Ici la mousson de Sud-est s’étire en longueur, nous avons eu le droit à quelques journées très chaudes préfigurant la mousson de nord-ouest, je n’aime pas la pluie mais j’aime la mousson de sud-est, le vent soutenu rafraichit nos iles et sèche un peu l’atmosphère océanique très humide en même temps qu’elle dissuade les pirates de s’aventurer en mer.
Actuellement les Seychelles ont pris une place stratégique dans la chasse aux pirates somaliens, le théâtre des opérations s’étant déplacé vers le sud notre archipel est idéalement placé pour installer une base opérationnelle. Les Américains qui ne s’y sont pas trompés, s’installent à Mahé pour exploiter trois drones dernière génération, soixante quinze personnes sont au service des appareils, bichonnés dans des hangars climatisés.
Les Luxembourgeois nous envoient deux avions de surveillance, la France un Breguet atlantique de la base de Lorient et un awacs stationné a Djibouti.
Notre port est devenu l’escale privilégiée des marines de guerre internationales et Victoria une ville garnison. Ce matin du haut de ma terrasse j’admire les manœuvres de quatre navires de guerre venus ravitailler aux Seychelles, à raison de 120 marins par bateaux les soirées vont être explosifs !!
C’est très intéressant de suivre cette activité augurant un déplacement des intérêts géopolitiques dans l’océan Indien. En un an nous sommes passés de l’ombre tranquille d’un archipel isolé à la lumière surexposée des médias.
Le petit coin de paradis luxueux de la jet set est devenu un camp retranché en première ligne sur le front d’une guerre d’un autre âge.
Avant-hier, étaient réunis à la résidence de l’ambassadeur de France tout l’état major de la marine française pour l’océan Indien, quelques ministres seychellois, le représentant de la pêche thonière et votre serviteur représentant les Stés de charter, c’est vous dire que le sujet est pris au sérieux. Il est évident que les Seychelles deviennent un enjeu stratégique pour les grandes puissances.
Si les militaires pouvaient rassurer notre clientèle de braves yachtmen, mais hélas les bruits de bottes ne sont pas vraiment une bonne publicité pour notre activité essentiellement ludique et pacifiste.
Ce mois-ci Baptiste a pris ses vacances en famille à la Réunion, ils sont revenus fascinés par la beauté de cette ile du sud mais très heureux de retrouver le calme et la tranquillité des « Sesel ».
D’après Baptiste la vie sur la Réunion est comparable aux grandes métropoles il est définitivement dégouté. C’est vrai qu’aux Seychelles, passé 4h30 notre capitale Victoria se désertifie sans espoir de vie nocturne.
Pour Laurence et moi le soir est souvent consacré au rituel du feuilleton vidéo, sur les conseils de Remi et Marinette nous avons enrichi notre vidéothèque des séries NCIS et Six Feet Under. Nous suivons avec intérêt les rebondissements des principaux acteurs (où vont-ils chercher tous ça ?).
Rassurez-vous la lecture est toujours notre principale source d’intérêt et de détente. Nous attendons nos amis Vauclare/Debeauvais pour décembre. J’espère avoir un bateau de libre à cette époque pour passer Noël dans la magique baie de Port Launay, le mat transformé en sapin de Noël !!
Merci mille fois a Loren, Sylvain et Swan pour les quinze jours partagés avec eux, c’est tellement enrichissant pour Laurence et moi de refaire connaissance avec nos neveux tranquillement avec le seul objectif de leur faire plaisir.
Beaucoup de bonnes choses à tous
Philippe
Octobre 2009
Au pied du Morne seychellois se joue une éternelle histoire d’amour, un « Je t’aime moi non plus » magistral entre la mer et la forêt tropicale avec pour juge de paix le fin cordon de sable blanc auréolé d’une virginité incontestable.
En perpétuelle arbitre, la grève ne saurait se prononcer sur le vainqueur de cet immuable combat amoureux car aux Seychelles nous ne savons qui de la forêt ou de l’océan, l’emportera.
Ici pas de rives bétonnées ni de remblais pour restreindre les colères océanes, pas de routes ou de parkings pour circonscrire la flore.
En vent de noroit, la déesse Mami Wata* vient sereinement caresser la déesse Arduinna* mais par vent de suet, l’île devient l’enjeu de leurs ébats violents et destructeurs.
Cette guerre éternelle me convient, elle dessine les contours de mon paradis au gré des ardeurs et du zèle de nos dieux.
Et votre serviteur reste un spectateur émerveillé par la puissance et le talent des éléments.
Vendredi 2 octobre une autre guerre reprend, le thonier Espagnol géant Alakrana avec 36 marins à bord s’est fait attaquer à 6h45 par 20°40’ S et 49°E à 470 milles de Mahé
Nous sommes tous sous le choc, nous savions qu’à la fin de la mousson leurs activités reprendraient mais les moyens de surveillance mis en place nous rassuraient !!
Hélas l’océan indien est immense et difficile à surveiller, le désespoir et la faim sont des motivations qui font force de loi chez les pirates Somaliens, ou bien est-ce l’argent ?
En tout cas leur détermination est sans faille, si loin des côtes, embarqués dans leur skiff de 6 mètres, leur survie dépend du succès de leur entreprise.
L’Europe va doucement prendre ses couleurs automnales et très bientôt vous allez frissonner, nous, et bien toujours du soleil et une eau à 29°, justement dimanche dernier Baptiste, Mélanie, Youenn, Laurence et moi nous sommes allés pique-niquer à Ste Anne sur notre plage déserte, journée radieuse comme vous pouvez l’imaginer.
Cette fois nous avons pris le Salina 48 « Malou », nous voulions le tester avant son prochain départ sur les Amirantes. Dimanche prochain nous prendrons « Zélia » pour les mêmes raisons car notre activité elle aussi reprend et qui mieux que nous peut vérifier le travail de maintenance réalisé cet « hiver » ?
Avec Baptiste nous sommes allés nous perfectionner en plongée sous-marine, ça devenait une nécessité car nous plongeons de plus en plus pour contrôler les coques des catas, nous sommes descendus à 20 mètres, j’avoue avoir été conquis par ce monde aquatique mais de Déesse Mami Wata pas la moindre trace.
La commuté Bretonne va bientôt s’agrandir, Mélanie attend un petit pour la mousson de Sud Est, joli cadeau Seychellois n’est-ce pas ?
Cette future naissance me rappelle nos années africaines, la vie de ces enfants est merveilleuse, le petit Youenn va à l’école française depuis la rentrée, il est le seul « blanc », il commence à comprendre et parler le créole, c’est amusant.
Je vous souhaite à tous beaucoup de bonheur.
Cap’tain Philou
* Mami Wata est la mère des eaux, déesse crainte des pêcheurs, elle symbolise aussi bien la mer nourricière que l’océan destructeur
* Arduinna est une déesse de la nature, maîtresse de la forêt et des forces instinctuelles.
Novembre 2009
Toute mon enfance j’ai idéalisé les personnages de corsaires, mon héros préféré fut Surcouf.
Il représentait tout ce que j’aimais, l’aventure, la bravoure, l’éthique, la liberté, et grâce à lui je rêvais pendant des heures entières des mers du sud, de soleil, d’iles désertes, d’abordages et de fabuleux trésors.
En cette année 2009 l’actualité me renvoie à mes tendres années mais les temps ont changé, la réalité me projette directement au cœur du problème, je suis passé du statut de héros à celui de captif, ce qui renverse la problématique, détruit mes rêves, mes idéaux et provoque une réflexion profonde sur le bien, le mal et sur la justification des valeurs mises en avant par les protagonistes, vaste débat que l’enfance occulte pour son plus grand bonheur.
Vous l’avez compris le principal sujet de conversation au « zoli petit pay » tourne autour de la piraterie.
Après la nuit stressante du 28 octobre où j’ai fait rapatrier le Nautitech 47 des Amirantes dans des conditions plutôt angoissantes, nous ne proposons plus cette destination et malgré la déception occasionnée par cette décision, je reste ferme et inflexible avec les agences et les locations.
Mais, le sujet passionne au-delà de toute mesure, il n’y a pas un jour sans que je sois contacté par l’ambassade de France me demandant de recevoir tel ou tel journaliste, les médias font leurs choux gras du sujet sans discernement, il en résulte une grande inquiétude chez les touristes, et une baisse d’activité pour nos entreprises.
Après Antenne 2 il y a quinze jours, le conseiller d’ambassade m’a demandé cette semaine de recevoir Thalassa pour évoquer l’impact de la piraterie sur notre activité. En effet l’équipe de Thalassa est aux Seychelles pour relater les événements liés à la pêche thonière.
Sincèrement j’ai longtemps hésité sachant que les médias mélangent un peu tout en globalisant le phénomène.
L’activité des thoniers transocéaniques et leurs zones de pêche n’a rien à voir avec notre prestation plutôt reposante à travers les iles proches.
D’un autre côté en maitrisant bien le reportage et l’interview, je peux retourner la situation à mon avantage. Après une bonne journée de réflexion j’ai accepté en proposant quelques idées.
Pas d’interview à terre, sortie en mer à deux bateaux pour réaliser des plans séquences et agrémenter le reportage, débarquement sur une plage pour sortir du contexte bateau/bateau, interview de deux chefs d’entreprise pour élargir la perception du problème
C’est ainsi que jeudi nous avons embarqué Isabelle et son caméraman Nicolas pour une virée au parc marin de Sainte Anne.
Condition idéale pour la promotion des Seychelles et de nos charters, grand soleil, peu de vent, mer turquoise.
Bien sûr nous n’avons pas évité les questions brulantes du moment mais tranquillement avec mon ami Fred, nous avons amené la discussion sur une réalité plus paisible qui est la navigation autour des iles granitiques, bien loin des actes de pirateries et des zones dangereuses.
La matinée est passée rapidement, après l’interview nous avons dégusté quelques petites bouteilles de rosé bien frais, nous nous sommes baignés dans une eau à 29°, et avons évoqué le souvenir d’un ami commun, le célèbre JPD.
J’espère de tout cœur que la retransmission* de cette belle matinée ne sera pas dénaturée par un montage devant serrer au plus près l’actualité « brulante ».
Nous avons essayé de présenter les Seychelles sous un angle plus paradisiaque que celui offert par la presse à sensations.
Oh …. Mamie Watta Puisses-tu m’exaucer !! Ce serait mon plus beau cadeau de Noël.
* Diffusion Janvier 2010 Cap’tain Philou
Décembre 2009
Le temps s’écoule immuable dans la douce chaleur des tropiques. Aux Zolizils point de saison pour se situer dans l’année, oublier l’hiver, l’automne et le printemps ! Le futur est semblable au présent alors pourquoi « Cassé la tête ».
Certain compare nos iles au nirvana, ils n’ont pas tout fait tort, la nature y est encore vierge et la population accueillante
La véritable similitude entre mon « Zoli petit Pays » et le paradis est la sensation d’intemporalité.
Cette vérité explique en grande partie l’attitude heureuse et disponible des iliens, « à quoi bon se projeter dans l’avenir, profitons plutôt maintenant ».
En bon marin j’ai besoin de repères pour naviguer au long cours de l’année, alors mes Way-Points sont les grands évènements nautiques, professionnels ou ludiques : La course du Rhum, la Transat Jacques Vabre, l’AG2R, le Vendée Globe, le Milles Sabords et bien sur le Salon Nautique de Paris.
Vous l’avez compris mon premier de l’an c’est le « Nautique » le point de départ de ma nouvelle année.
C’est la grande fête des gens de la mer réunis par la même passion dans la lumière, le bruit, noyé dans la foule, partageant des coups à boire, des rires et des utopies.
Le salon c’est le super Noël des marins bouffeurs d’écoutes, poètes, rêveurs, aventuriers même Paris nous honore en illuminant les champs Elysées et la tour Eiffel.
Le salon nautique c’est aussi un rendez-vous intime avec nos rêves, tout est là, tout est fait pour les concrétiser, pour donner corps à nos chimères, les bateaux grands ou petits, en bois, fibre ou alu, le matériel électronique, l’accastillage et les fabuleux stands des Iles éloignées, Polynésie, Galápagos, Nouvelle Calédonie, Madagascar ou Ushuaia et les canaux de Patagonie.
Tout là-bas, dans l’océan Indien, quelques semaines avant la date fatidique, le vent de noroit nous annonce par petites risées les préparatifs de l’événement, les professionnels présents, les absents, la nouvelle unité du chantier Rhéa, les nouveaux dériveurs intégraux de Delphia, les conférences de nos vaillants coureurs.
Une fébrilité tangible s’empare des pontons il y a ceux qui y vont et ceux qui n’ont pas la chance d’y aller. Ceux qui y vont sont repérables de loin, ils se réunissent en petit comité, depuis peu ils ont relevé la tête, ils marchent droit le regard rigolard avec un soupçon de fierté car ils (ceux qui y vont), ont d’emblée grimpé plusieurs niveaux dans l’échelle sociale seychelloise.
Nous les envions, leur année se termine en apothéose, la nouvelle débutera avec l’aura de ceux qui y sont allés.
Mieux qu’un voyage à La Mecque ils feront partie de la grande fratrie des marins et leurs souvenirs viendront embellir les belles légendes de nos aventures océanes quand sous les palmiers ils évoqueront leur fabuleux voyage au pays du Yachting.
Pour moi ce Salon 2009 signe ma cinquième année aux Seychelles mais ici dans cette zone de convergence climatique (notre pot au noir Indien) ou le futur se conjugue au présent les années qui passent n’ont que peu d’importance
Ah si ! Sauf peut-être un tout petit sentiment d’avoir rajeuni…………. Mieux qu’au paradis, Non ?
Bonne fête de fin d’année à tous.
Cap’tain Philou
Janvier 2010
Ecrire est un vrai plaisir, j’aimerais le faire plus souvent, peut-être un jour, qui sait ? En attendant, cela me permet ce matin de commenter quelques souvenirs et surtout de reprendre le fil un peu décousu ces derniers temps, des « nouvelles des Zoliziles ».
Nos amis Rémi et Claude sont venus partager cette fin d’année avec nous, cette visite amicale a rompu le déroulement sans désordre de nos journées tropicales.
Nos éclats de rires ont rivalisé en crescendo avec les notes joyeuses de la clarinette du grand, le temps cette fois ci nous a fait la plaisanterie d’accélérer un peu vite.
La tristesse de les voir quitter notre beau pays fut de courte durée car à peine envolés, Denis et Annick s’installaient dans la chambre d’amis. Eux aussi sont de vieux compagnons de voyages, ils furent nos amis de jeunesse, puis alter ego à l’âge adulte. Denis et Annick nous firent découvrir les splendeurs du désert et la puissante beauté des GR de montagne. Ce fut un plaisir d’offrir à ces amis venus du froid, la splendeur des Seychelles sous la bienfaisante chaleur du soleil.
Malheureusement à cette période de l’année le vent nous manque et c’est au moteur que nous avons navigué d’ile en ile, bercés par une grande houle venue de nulle part.
Sur cette mer de plomb, entre Mahé et Praslin, l’océan nous a dévoilé tous ses trésors.
Jaillissant de l’eau dans un vol maladroit, des centaines d’exocets fuyaient notre étrave pour plonger lourdement quelques dizaines de mètres plus loin.
Des bans de bonites chassés par les barracudas faisaient frémir la surface de l’eau en de grandes taches sombres, les frégates profitant de l’aubaine nous ont offert un ballet aérien d’une mortelle beauté.
Quelques dauphins hautains, paresseux car trop bien nourris sont venus nous snober, quant aux tortues de mer trop effrayées par la masse blanche de notre catamaran elles disparaissaient dans les profondeurs aquatiques, ne laissant percevoir d’elles que les écailles de leur carapace fauve.
Ces visites de fin d’année nous ont enchantés, elles sont venues à point nommé nous sortir de notre quotidien, rompre nos habitudes et effacer la sinistrose des derniers mois.
Pour couronner le tout, nos pirates somaliens se font plus discrets et les réservations qui s’annoncent nous redonnent de l’espoir et un moral à toute épreuve.
Il est encore temps pour moi de vous souhaiter tous mes vœux, je vous souhaite également d’abandonner votre JT de 20h, vous percevrez cette année 2010 avec plus d’optimisme et le monde sera pour vous un terrain de jeu enivrant.
Cap’tain Philou
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