C’est une belle matinée, nous travaillons sur une grosse détection lorsqu’un cargo Hollandais se détourne et fait route sur nous.
Mes débarquements de clandestins commençant à s’ébruiter, je décide de fuir à terre me réfugier dans l’anse de Grand Béréby par 13 mètres de fond. Là-bas je suis sûr que le capitaine ne viendra pas me chercher, mais c’est sans compter sur sa détermination.
Le hollandais vient me fermer la sortie de la petite baie et ne cesse de m’appeler au mégaphone, il n’ose pas utiliser la VHF et pour cause, il vient de balancer à l’eau quatre clandestins !
Après l’avoir traité d’assassin et enregistré la position de son méfait, je fais route au ralenti et parcours la zone dans toutes les sens sans succès. Je m’apprêtais à quitter les lieux lorsque Kwablanc, le cuistot perché sur la passerelle, aperçoit quatre boules noires ballottant à la surface.
Les quatre clandestins sont accrochés à un bidon de deux cents litres avec chacun une barre de fer contre les requins et un litre d’eau en bouteille. Ils sont tétanisés, complétement déshydratés, brulés par le soleil.
Avec beaucoup de difficultés nous les embarquons, désaltérons et soignons les brûlures.
Les gars sont complètement hagards et perdus, je contacte la capitainerie de San Pedro et leur demande de prévenir les secours de notre arrivée. En guise d’ambulance ce sont deux cars de police qui les réceptionnent, direction la prison.
Trois mois après, 8 jours avant Noël nous débarquions la pêche en criée lorsque je vois venir vers moi les quatre survivants, « Salut Patron » me disent-ils, « t’as pas du boulot ? » Surpris plus qu’étonné de les voir en liberté, ils m’expliquent tranquillement que les gardiens avaient besoin d’argent pour les fêtes. Comme quoi tout s’arrange sous le soleil.
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