18 Avril 1950
Minuit, La nuit est tombée sur Nantes, le coup de vent de sud-ouest qui traverse la Bretagne balaient les rues désertes de la ville endormie.
Réfugiée chez sa mère Marie Aline Héron met au monde son deuxième enfant, un garçon.
L’accouchement est difficile, ma vie est en jeu, devant l’urgence de la situation je suis baptisé et je reçois les saints sacrements, solution somme toute efficace car aujourd’hui en pleine forme j’ai fêté mes 76 ans. Mes parents, Marie-Aline et Yves me prénomme : Philippe, Paul, Marie Ignace.
Maman est la neuvième d’une famille de douze enfants son rêve était de devenir agricultrice, son grand souhait sombra dans les bras d’Yves Berteloot second d’une famille de 8 enfants. Mon père jeune licencié en droit et science politique est un garçon progressiste qui perturbe profondément la famille Héron plutôt conservatrice en y apportant des idées réformatrices et une bonne dose d’optimisme et d’enthousiasme.
Je suis donc le second d’une famille de sept enfants, trois sœurs et quatre frères, une fratrie soudée. Yveline, Philippe, François : les trois grands ; Anne, Alain, Catherine les trois petits et Stan. Stan est né 13 ans après Catherine et malheureusement nous ne partageons pas les mêmes souvenirs.

De 1950 à 1955, comme beaucoup de jeunes ménages de l’après-guerre, mes parents habitent chez mes grands-parents paternels boulevard Amiral Courbet, la maison est spacieuse, bâtie dans un grand parc,
Rapidement la situation de mon père s’améliore, la petite conserverie Tirot dont il est le bras droit est racheté par Saupiquet qui le nome directeur commercial. Grâce à cette promotion la situation financière évolue rapidement, il fait construire une maison rue Vidi avec un petit jardin lieu d’extraordinaire de nos jeux d’enfants.
Malgré les chamailleries nous partageons cette enceinte au milieu duquel règnent en maitre un grand portique une belle pelouse et au fond du parc un grand Saul-pleureur, là-bas c’est l’Afrique !
Vers neuf, dix ans je découvre le bateau. Notre père passionné par la voile embarque sa tribu pour des sorties en mer et des croisières le long des côtes bretonnes et cette passion m’habitera toute ma vie
Que de jeux, que d’aventures avec ce père qui dirigeait ses 6 enfants comme une troupe de théâtre dans le vieux manoir de La Vrillère où nous passions nos weekends et nos vacances loin des pollutions Nantaises.
